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Lettres d’exil…

Vous lirez ci-dessous des extraits de lettres que Louis-Ferdinand  Céline  écrivit à quelques amis en France. Lui-même étant en exil dans les pays scandinaves.
C’est un de ses amis, le docteur C…, qui avait communiqué aux « Écrits de Paris » (octobre 1961) une partie de ce courrier dont voici quelques passages.


LETTRES D’EXIL


17 MAI 1947

Que puis-je ? Si je me tais on me couvre d’ordures. Si je me défends on me trouve monstrueux d’arrogance.

Avec des fous de haine, quelle conduite tenir ? Je t’assure que je ne provoque personne. On m’a fait faire dix sept mois de cellule – réclusion – si humide, si obscure. Des condamnés à mort. Je ne sais pas encore pourquoi. De nul droit ! Personne ne le sait. Sur un mandat de Paris, de Z… ! Montherlant, qui tient le pavé, en a fait bien plus que moi ! Et La Varende. Et Giono ! Et Sartre et cent autres ! Je serais resté à Paris que l’on m’aurait assassiné comme Denoël. Je suis perclus de rhumatismes à la moelle. Il m’est pénible d’écrire, le stylo me fait mal ! Je ne parle pas de marcher. Une cellule suintante. Je ne sais pas ce que l’on va décider de nous et, au fond, je m’en fous. J’ai trop souffert. Nous avons trop souffert, Lucette et moi. Ruinés, écrasés, outragés, volés, menacés sans cesse. Nous n’en pouvons plus. Nous ne sommes plus des vivants.

30 JUIN 1947

Mon chat c’est Bébert. Il a dix huit ans. Il est né à la Samaritaine. Nous l’avons repris à Le Vigan qui n’en voulait plus. « Sa vie est une tragédie » et que d’épisodes !… Toutes pas racontables… A Sigmaringen nous avons pensé un moment pouvoir nous échapper et passer la frontière suisse… Il s’est entraîné avec nous comme un chien… Il nous suivait la nuit dans les neiges d’un mètre… Plusieurs kilomètres… Il en a eu deux pattes gelées. Quand il a fallu passer, en mars 45, à travers toute l’Allemagne entre les quatre armées furieuses en pleine bataille… tu vois d’ici l’enfer… et dix huit jours nous avons mis, à remonter de Constance au Danemark a travers les flammes et le chaos… Bombes en pluie. Lucette l’avait mis dans une gibecière. Elle l’a porté ainsi sans boire, sans manger, sans pisser ni le reste pendant dix huit jours et dix huit nuits. Il n’a pas remué ni fait un seul miaou. Il se rendait compte de la tragédie. Nous avons changé vingt sept fois de trains. Tout perdu et brûlé en route, sauf le chat. Nous avons fait des trente cinq kilomètres à pied d’une armée à l’autre, sous des feux pires qu’en 17. Lucette seule a été blessée au genou. Elle a roulé sous un train, soufflée par une bombe, avec Bébert ! Il n’a pas bougé. On sait ce que c’est, nous, l’intelligence animale ! Il a fait ici pendant que j’étais en tôle un carcinome du sein. Je l’ai fait opérer à ma sortie. Il a parfaitement compris. Il se porte très bien. Il a deux ans pour l’espièglerie, les gambades. Il parle, bien entendu. Il répond aux questions. Si on voulait lui laisser bouffer les piafs, il serait parfaitement heureux. Par contre nous le gavons de maquereau fumé -son régal ordinaire. Il pèse six kilos.En Allemagne, il a vécu de pommes de terre (comme nous) et encore souvent de raves et de pain KK. Mais son idéal demeure le piaf. Trente six guerres n’y changeront rien. Voilà pour Bébert.

17 MAI 1948

Il ne s’agit pas d’une ferme ni d’un Trianon. Un énorme verger de « rapport ». Un rectangle au bord de la Baltique. Huit mille pommiers et poiriers, mais pas une goutte de lait, pas un œuf, pas un hareng. Tout cela à Roskov, le Redon de l’endroit, le Cancale, mais absolument à plat. C’est la plaine buveuse sablonneuse prussienne au bord de la flotte. Province obscure, mer muette, gens de bois. Donc pas de miraginage ! Le soleil est une sorte de lune un peu tiède. Les guitounes ? Imagine les restes d’une exposition de vers 1880. Torchis et briques pas du tout entretenues et puis soudainement peintes en rouge bœuf. Trois à quatre bicoques hurluberlues ainsi au bord de la flotte. L’une est même d’une sorte de style mauresque ! La plus minuscule où nous serons l’été n’a ni électricité, ni flotte, ni chiottes. C’est un ancien fortin de contrebandiers. Après le mois où les « invités de marque » occuperont les cagnas vaguement logeables, nous redéménagerons vers l’une de celles-ci. Enfin c’est merveille, comparé à ce qui nous est imparti depuis quatre ans et demi.

7 JUIN 1948

Je ne voudrais pas te désobliger mais je t’avoue ne point donner de pensées aux problèmes d’au delà. L’humanité que j’ai soufferte et que je souffre me dégoûte trop, je l’ai trop en haine pour lui désirer autre chose que des asticots, et éternellement. Ces problèmes religieux et métaphysiques naissent de l’oisiveté, du bien être, de la sécurité. Certaines épreuves vous débarrassent à jamais de ces questions. On communique parfaitement avec l’au-delà par la haine. Pas besoin de diables. L’homme est un démon. L’enfer est ici. Particulièrement en prison. Si tu y avais passé, et tes curés, ces problèmes ne vous turlupineraient plus. La pénitence est mille fois faite. Qui a souffert l’injustice majeure est en état de grâce. Il emmerde et la terre et le ciel, et le bon Dieu avec. Tout se simplifie. Il est possible qu’il existe autre chose que le visible, mais la prison est bien visible, elle. Pas besoin de tortiller du cul vers les prières de l’infini. L’enfer est là. On ne fait rien pour y remédier. Si l’humanité crève, ce ne sera pas de communisme ou de manque de prières, ce sera de tartufferies, de fainéantise, d’égoïsme, d’insensibilité. Je ne ferai plus rien pour l’empêcher de disparaître. Elle appartient, à mon gré et pour l’éternité, aux asticots. Amen !…A deux pas de moi dans la forêt il existe des menhirs et un petit cirque druidique, comme en Bretagne, au poil ! De trois cent mille ans, paraît il. Et une pierre debout tranchante pour casser les reins du sacrifié rituel. J’y vais souvent, c’est plus beau que la cathédrale de Milan. Que n’a t elle fini là, l’humanité l Trois cent mille ans de souffrance inutile, déjà !

(SANS DATE)

Qu’ils me relancent et m’assomment avec leur campagne ! « Et que c’est beau, bon, la campagne ! Que c’est l’Eden en personne. » Bougres d’orviétan ! Mensonges ! Cabots plein la gueule l Pas un qui y est, à la campagne ! Toujours d’un ruisseau à l’autre, d’une queue de cinéma au bistrot, raccrochés au zinc, aux asphaltes ! Chantres que de loin des bucoliques ! Ils sont beaux à pleurer, leurs landes. Ils y étaient, ils s’en sont sauvés, galopant, brâmant à la mort, à l’agonie par ennui !… De loin, que c’est beau, quelle merveille ! Ah ! la nature, voyez vous cy ! Campagnes, ah ! leur rêve ! La campagne c’est une tisane d’air et de verdure, excellente pour la santé. Je le sais mieux qu’eux, bon Dieu foutre ! Je l’ai recommandée trente ans à des milliers d’emmerdeurs. Je m’en soigne moi même, il le faut ! Mais à Lyriser ce fenouil ? Ah non, merde non !… Qu’ils en bâfrent, de leur fenouillade, au lieu de me si houspiller, l’esprit leur viendra c’est sûr, ruminants comme tels ! Moi le mien se nourrit de viande, j’ai ]e droit peut être… Viande d’hôpital ou de ballet, c’est tout un pour moi… et mots tout autour. le m’y trouve, c’est ma tambouille… calebasse sacrée. Je suis médecin, j’écris des livres, je veux des mots et de la viande.

15 JUIN

A tout dire, nous sommes cent fois mieux que dans notre soupente vitrée de Copenhague, elle même mille fois supérieure à notre cellule précédente Dante avait vu je ne sais plus combien de cercles. Je connais autant de façons d’être mal… Le temps passe ici effroyablement vite. Je trouve la campagne avant tout tragique et terriblement rapide. On ne voit pas en ville les jours passer. Ici chaque heure vous galope des doigts… Et cruelle ! Ce ne sont que cris de piafs qui s’égorgent, de mille assassinats à la minute. Quelle sauvagerie ! Et la chasse, bientôt. Rapide, angoissante, sanguinaire. Je serai content de l’hiver où cette fameuse nature s’immobilise. J’ai déjà eu cette sensation au Cameroun où je suis resté tout seul en forêt, un an.

14 JUILLET

Il fait un temps abominable. Heureusement feu de bois et tourbe en permanence. Lucette prend trois bains par jour. On fait bien de se marier avec des filles de cirque, si l’on entend mener une vie de hasards ! Qu’aurais je fait d’une muse diaphane ? Le vent l’aurait emportée depuis longtemps.

17 JUILLET

Je suis accablé de migraines atroces. Le babillage me tue. Je n’ai plus le temps de perdre une minute. Je n’ai plus guère qu’un admirateur au monde, et il est rabbin ! Au bout de deux minutes me voici pris d’un pur découragement… ce doit être l’âge. Et la haine aussi, cette fleur des prisons… Bref, je me vois de plus en plus impossible et malgracieux. Après un mois de sécheresse, il pleut enfin sur le fenouil. Mais, Dieu, qu’on manquait d’eau ! Hier, Lucette a sauvé un hérisson des crocs de notre chienne (bergère allemande), par ailleurs la meilleure bête sauvage du monde, sauf qu’elle tient absolument à bouffer Bébert, qui ne quitte plus mes genoux dans une autre pièce. Quand on se mêle de réformer la création et l’ordre infernal des instincts on n’a pas fini d’en baver !

19 JUILLET

Oh je m’en fous pas mal de l’âge et de ses mélancolies ! 55 ans, cent ans, dix mille ans, pour moi c’est tout du kif. Ces cogitations sont bien trop luxueuses pour les parias de mon genre. Ce sont là soucis bourgeois. Les nostalgies ne m’effleurent même pas. Je voudrais, c est tout, ne pas laisser mes os au Danemark, retrouver ma mère au Père Lachaise. L’épouvantable tornade m’a emporté tous les autres soucis : je ne les connais même plus.

21 SEPTEMBRE 1948

Balzac prétendait que parler d’amour c’est faire l’amour. Mais nom de Dieu parler d’un livre ce n’est pas le faire. C’est même, il me semble, tout le contraire. Rien que je haïsse plus que le courriérisme littéraire. D’ailleurs, tu le sais, je suis bien plus fier d’une guérison de diarrhée infantile que de trente six livres à succès (ou de quatre livres à succès). Je suis désastreusement dénué de toute vanité littéraire. J’estime le boulot, mais sans aucun rapport avec ce qu’en pensent ou méprisent les hommes. Le jugement des hommes m’est plus indifférent que celui de Bébert. Cela ne compte pas dans mon esprit. Je suis un ouvrier. Je ne m’intéresse pas à la chose, à l’élément. Je ne suis ni de salon, ni de commerce, je suis d’hôpital. Je ne retiens des hommes que la façon plus ou moins heureuse qu’ils ont de former des phrases. Mais le sens de la phrase, je m’en fous. Je ne le retiens même pas.Tout est dans les bibliothèques, mais presque tout ce que pense l’homme est absolu. Son corps et sa musique seuls m’intéressent.

4 OCTOBRE

Dans Le Figaro du 26 septembre nous trouvons un écho où il est relaté que Madame Ch…, 25, rue Saint Denis à Saint Ouen, a été blessée par un agent lors de l’arrestation d’un malfaiteur quelconque à ses côtés. Voilà qui me fait une bien grande peine. La pauvre mère Ch…. est ma première secrétaire du temps de Clichy. Je l’ai toujours soignée. Nous l’aimions bien. C’est elle qui a tapé le Voyage. Je la faisais vivre à peu près jusqu’à mon départ. Son mari est un bien brave homme, pas jeune, ex manœuvre chez Citroën. Elle même, une femme admirable. Ils se défendent aux « Puces » tant bien que mal depuis mon départ, revendant des bouts de chambres à air, accessoires de vélos… Elle n’est plus bien solide. Je me demande où, et la gravité de la blessure. Il y a tellement de tragédies autour de moi que je redoute le pire… C’est à cinq minutes de la porte de Saint Ouen… Elle venait nous voir tous les vendredis matin rue Girardon, jusqu’au dernier jour… Embrasse la bien pour moi. Pourvu que ce ne soit pas grave !

15 OCTOBRE

J’ai autre chose à faire qu’à regarder la campagne. Froide, chaude ou mouillée, c’est toujours du fenouil. Je n’y vois ni bien, ni mal. La mer est méchante et glaciale. Lucette y trempe, nage deux et trois fois par jour. C’est son affaire. L’exil, tu sais, n’a rien de commun avec des vacances, relations charmées, incidents fripons, etc… Non, c’est une affaire de haine, et de cimetière, et de misère.

15 NOVEMBRE

Le Danemark est un pays chauve. La Chine. Le vent y galope, charge sans arrêt. Ce n’est, d’ailleurs, qu’un bout de glaise appelé à fondre en cent mille années. C’est un dépôt de glaciers très temporaire, un pays d’Ys, mais sans féerie et sans turpitudes. Un pays d’Ys protestant. Pas de bois. Tout vient de Suède et de Finlande. C’est un pays d’une fadeur écœurante, plat comme la Hollande mais beaucoup plus froid, et condamné, lui, par la mer. Le vent est l’élément du Danemark, et pourtant pas un moulin ! Vraiment le pays le plus fade du monde. Des grêlons de givre en tempête dont on n’a pas l’idée chez nous. On s’habille pour se coucher, gants, triples chaussettes, pardessus, comme au pôle. Sinon tu crèves. Le vent glacial fait continuellement rage. Six mois par an. Je le sais, il m’a glacé aux os et pour toujours pendant la demi heure de cage quotidienne au grand air, cage de un mètre sur un mètre cinquante, mes dix-huit mois, de réclusion. Ne parle de tout ceci à personne.

1er JUIN l949

Tu parles de cette solitude absolue ! Il faut vraiment ma nature de granit pour ne pas céder un fil. A rien. Une heure de découragement, nous n’avons plus qu’à nous noyer.

29 JUIN

Ces gens scandinaves neutres me donnent un malaise d’irréalité. Ce sont des bibelots dans une vitrine. Jamais cassée jamais ouverte, gardés, choyés, préservés de tous aléas par une police, absolue. Le gardien de leur musée est féroce. Leur parler est gênant ; on ne parle pas à des êtres réels, on parle à des planqués, des bibelots monstrueux, égoïstes… Dans la boutique de ma grand mère, rue de Provence, antiquaire, J’essayais, môme, de faire fonctionner les gondoles, les jonques, les canons miniatures, de faire tourner et flotter tout cela. Qu’est ce que je prenais comme torgnoles ! Je cassais tout. L’enfant ne comprend ni les bibelots ni les vitrines. Ici, tu sais, c’est kif. C’est pas des gens réels. Mais moi je suis dans la vitrine !

11 JUILLET

Ainsi l’admirable tante Amélie retourne à Angers. Je voudrais dépanner quelques sous pour les lui envoyer, lui sauvegarder son amour propre. Mille baisers à ses médecins qui ont déclenché son transfert. Que mon atroce notoriété, toute en sang, ait au moins pour elle son petit effet bénéfique ! Que la pauvre femme meure gentiment. Assez de fins tragiques dans la famille !

26 OCTOBRE

C’est votre mort à vous, pas celle des autres, qui vous sonne l’âme et rend le son, le ton, de votre musique. Point d’art possible sans danse avec la mort. Les dons ne suffisent pas, le tempérament non plus. Rien. Ce qui n’est point « accordé » par la mort ne vaut rien et sonne toujours faux.

2 DECEMBRE

Nous n’avons plus un sou malgré les vaticinateurs et les bourriques. On vit d’emprunts, et très chiches. Nous n’allons même plus à Korsov à pieds. Nous ne pouvons rien acheter… Je ne peux plus m’y traîner, tellement je suis faible et pourri de vertiges.

24 MAI 1950

Cette espèce de prose versifiée qui est mon genre est crevante – et demande temps, et patience, et migraines. C’est aussi fastidieux que les mots croisés ou la composition musicale. C’est du travail de dentelle, en émotion et en violence, mais qui ne doit point montrer son fil. Oh je me passerais bien de cette forcerie si je n’étais contraint, par nécessité. Crois le. Comme on fait tourner des tables, cet état de transe m’éreinte. Il y a peu de médiums enthousiastes. J’aimerais aussi, moi, babiller comme tout le monde, vaguement imaginer le labeur au lieu de l’exécuter. A tel point que je l’ai en horreur, une fois achevé, et tout ce qui m’en fait souvenir.

5 JUILLET 1950

Malaparte, c’est bien savoureux, mais c’est du journalisme, en grand, en très grand. Il a de la verve. Tout cela est vu du dehors. C’est la vision du dedans qui est exténuante et lente. Le « poète » tu sais, il peut pas aller vite. Le romancier va vite. Mais, entre nous, il touche rien. Malaparte, il va pas à l’âme. Il sait pas où est la clé, le secret. Il accumule les horreurs ? La belle histoire ! C’est rien ça. C’est les faire chanter qui est fortiche. Une chanson de Bruant m’en dit plus long que trente kilos d’Eugène Sue. Et les lignes ne se décident à chanter qu’après avoir décanté longtemps, longtemps. Rien à faire pour hâter le processus.

9 DECEMBRE

La Tante Amélie est morte à l’hospice d’Angers, du coeur, et enterrée. Voilà. Elle me montre la voie. C’est là sans doute que je finirai aussi, d’amnistie en amnistie, de bombe en bla bla. Si ça continue, d’ailleurs, nous ne connaîtrons plus de vivants en France, seulement des morts. Il faudra foncer au cimetière retrouver les siens. C’est tout.

10 MAI 1951

Eh bien, je crois que c’est sérieux, finalement. Je vais, paraît il, avoir le passeport vendredi prochain. On est si ahuri qu’on n’a pas très conscience. Sept ans d’hors la loi ! Ça marque, tu sais, en plus des berges communes. Enfin on va se revoir bientôt – je prévois – j’espère, avant l’arrivée des tanks kirghizes ! Que tu as été admirable fraternel pendant toute cette plongée aux enfers ! On a entendu ta voix – et même tes battements de cœur.

Louis Ferdinand  CELINE

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